Retour sur les origines et évolutions des vêtements professionnels

Nombre de métiers aujourd’hui exigent le port d’un vêtement spécifique : métiers médicaux ou paramédicaux, boucherie, restauration, industrie de pointe…
Depuis quand les vêtements professionnels existent-t-ils dans notre société ? Quelles évolutions ont-t-ils connu au fil des siècles ? Quels rôles revêt cet habillement particulier ? Vous trouverez toutes les réponses dans cet article.  


Le premier vêtement professionnel

 

Pendant des siècles l’exercice d’un métier est défini plus par certains accessoires et outils spécifiques que par une tenue vestimentaire particulière.

Mais déjà au Moyen-âge certaines professions utilisent un vêtement de travail distinct, principalement pour des raisons pratiques.
Ainsi nous connaissons tous l’image du maréchal-ferrant avec son grand tablier de cuir qui lui servait de protection contre la chaleur de la forge et les projections métalliques incandescentes.

D’autres types de tabliers servent dans différents métiers. Il est alors la forme la plus répandue de l’habit professionnel que l’on retrouve du boucher qui dépèce et découpe les animaux, au bijoutier qui modèle les métaux précieux, en passant par la cuisinière ou la sœur qui s’occupe des malades à l’hospice local.

Déjà à cet époque les matières et les couleurs employées varient selon les branches professionnelles. Les confréries qui représentent les corps de métiers et qui tiennent une place cruciale dans la société médiévale réutilisent d’ailleurs ces attributs dans leurs tenues de parade comme marqueur du métier qu’elles représentent et pour se démarquer les unes des autres.
Globalement on voit que le vêtement professionnel sert avant tout à protéger le travailleur de son environnement potentiellement dangereux et/ou salissant. Il permet aussi très vite d’identifier au premier regard et de loin l’individu qui le porte, sa classe sociale et son rôle dans la société.

Néanmoins, ce n’est qu’avec la révolution industrielle que naîtra le vêtement de travail tel qu’on le connait aujourd’hui, avec l’accroissement des productions et la mécanisation des méthodes de travail, il va y avoir une augmentation des accidents. Le tout entraînera en effet un besoin accru de protections systématiques et spécifiques suivant les métiers et même suivant les postes occupés au sein d’un même métier. L’ouvrier va être peu à peu obligé d’adopter une tenue de travail obligatoire qui reste à sa charge d’achat et d’entretien.

Les évolutions du vêtement professionnel

Ainsi l’élaboration des premiers vêtements de travail modernes sera en fait une amélioration des conditions de travail des ouvriers. En effet, le développement des machines et de leur puissance augmenta aussi les risques que les vêtements, inadaptés, soient happés par les courroies et engrenages. Le besoin d’habits plus résistants se fit vite sentir, faisant évoluer les coupes et les textiles utilisés. A partir du milieu du XIXème siècle ce développement fit la richesse du pantalon de travail en toile Denim par exemple, ancêtre de nos jeans.

Le milieu professionnel de la sidérurgie fit aussi choisir de plus en plus le tissu de coton, plus résistant à la chaleur, dans la conception de ses vêtements professionnels. De même la multiplication des usines et de leurs chaines de montage salissantes et graisseuses entraina le choix de couleurs moins fragiles et plus faciles d’entretien, comme le « bleu royal ».

Celui-ci devint d’ailleurs rapidement la couleur de référence des ouvriers en général et donna naissance au bleu de travail encore utilisé aujourd’hui. La couleur devint même un critère de différenciation des catégories professionnelles au sein de l’usine puisque le blanc fût quant à lui la couleur des chefs et des dirigeants, appelés : les « cols blancs ».

Le XXème siècle progressant, peu à peu la forme des vêtements de travail telle que les combinaisons ou le pantalon de travail munis de poches multiples adaptées aux outils, firent leur apparition.
Parallèlement, la médecine et l’hygiène faisant des progrès, les tenues blanches immaculées, faciles d’entretien et pratiques s’imposèrent dans les milieux médicaux ou les métiers de bouche.

Progressivement le corps de métier orienta les couleurs utilisées vers une certaines typologie : le bleu resta l’apanage du monde ouvrier, par soucis de netteté ; le blanc envahit le médical, l’alimentaire et le bien-être ; le bâtiment opta pour des tons de gris ou de marron ; l’agriculture et les métiers proches de la nature pour des teintes vertes.
La demande se spécifiant et s’accroissant, certaines entreprises se spécialisèrent dans la conception, la fabrication et la vente de ces produits particuliers en plein développement.

Le vêtement professionnel de nos jours

D’évolutions en perfectionnements le vêtement professionnel fait encore partie du quotidien de bon nombre d’entre nous.
Désormais l’habit de travail sert parfois autant à protéger l’employé que le produit fabriqué. Les normes d’hygiène de plus en plus strictes obligent les industries agro-alimentaires, par exemple, à limiter au maximum les contacts entre ouvriers et production grâce à des tenues spécifiques. Il en va de même dans les entreprises d’électronique où la moindre poussière pourrait altérer la qualité des produits.

D’autre part, la législation sur les conditions de travail progressant, des lois obligent désormais les entreprises à fournir des vêtements adaptés et aptes à protéger leurs employés. Elles sont aussi dans l’obligation d’en assurer l’entretien et le renouvellement. Du coup, propriétaires de la tenue, les entreprises utilisent le vêtement de leurs salariés comme des vecteurs de communication. L’habit professionnel véhicule les valeurs de l’entreprise, sert à attirer l’attention du consommateur et facilite même la création d’une identité collective et l’esprit d’équipe. Les couleurs choisies, les logos apposés permettent de reconnaître l’entreprise au premier coup d’œil, allant même parfois jusqu’à devenir l’emblème représentative de celle-ci.

Donc, même si le rôle de base du vêtement de travail reste la protection de ceux qui le porte, ce rôle s’est diversifié au fil du temps. Parallèlement les normes et exigences de conception se sont fortement durcies. Ces habits doivent désormais être ergonomiques, fonctionnels, confortables, résistants et si possible esthétiques.

Ils adoptent donc les nouvelles technologies avec des tissus innovants et des coupes adaptées à chaque métier. Ainsi, quel que soit le domaine d’activité, hôtellerie, restauration, agro-alimentaire, esthétique, médical, industrie ou BTP, chacun peut prétendre à des tenues de travail garantissant confort, protection et sécurité comme dans le cadre des EPI (Equipements de Protection Individuelle) répondant à des normes strictes établies par les instances gouvernementales et l’Europe.

De véritables stylistes du vêtement professionnels planchent désormais sur les modèles à créer. Le marché de la tenue de travail va même jusqu’à déborder sur la mode quotidienne puisque certains créateurs s’en inspirent désormais pour leurs collections. Pour plus de renseignements sur les vêtements professionnels, consultez le roi du tablier.

Revêtant des rôles de plus en plus nombreux, le vêtement professionnel est devenu lui-même un enjeu industriel important. En effet, avec plus de 8 millions de travailleurs qui le portent tous les jours, il est normal qu’il soit à son tour l’objet d’un marché économique considérable.

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